Saturday, January 5, 2008

Gabriel de Saint-Aubin, gribouilleur de génie

Prélude, gracieuseté du Livre des Saint-Aubins
"Coronation" de Voltaire au théâtre français le 10 mars, 1778
Gabriel de Saint-Aubin, 1778, Musée du Louvre

«Il fait plus de croûtes qu'il n'en mange», ce fut un mot (cité au bas d'un dessin, cat. n° 19) de Sophie Arnould, la spécialiste du genre au XVIIIe siècle, sur Gabriel de Saint-Aubin. Non que la misère empêchât le dessinateur de s'acheter des croûtes de pain, non : il avait perdu ses dents. Un mot brillant et faux. Si croûte s'applique à des tableaux, peut-être : Gabriel ne fut jamais admis au Salon du Louvre. Peu importe ; ses admirateurs posthumes furent de qualité, et parmi eux les frères Goncourt qui reconnaissaient ses œuvres entre toutes tant elles étaient originales. L'originalité de Gabriel de Saint-Aubin ? le raffinement de techniques superposées sur une même feuille, la minusculité (le terme est des Goncourt) des figures, une rapidité d'œil, d'esprit et de main rendue sensible ; l'un des mots favoris d'Edmond, croqueton, semble avoir été inventé pour Gabriel de Saint-Aubin.

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